Comprendre le comportement de son chien
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CHAPITRE 1 de 30
Comment pense le chien
Objectif
Comprendre que le chien ne réfléchit pas comme un humain et apprendre à regarder une situation de son point de vue avant d’interpréter son comportement.
Le chien ne pense pas comme nous
L’une des premières choses à comprendre lorsqu’on vit avec un chien est qu’il ne perçoit pas le monde comme nous.
Nous avons naturellement tendance à interpréter ses comportements avec notre logique humaine.
« Il sait qu’il n’a pas le droit. »
« Il fait ça pour me provoquer. »
« Il est jaloux. »
« Il se venge parce que je suis parti. »
« Il sait qu’il a fait quelque chose de mal. »
Ces explications peuvent sembler logiques pour nous, mais elles nous empêchent souvent de chercher ce qui influence réellement le comportement du chien.
Le chien apprend principalement à partir de ce qu’il vit, de ce qu’il ressent et des conséquences de ses comportements.
Il ne se demande pas nécessairement :
« Est-ce que ce que je fais est bien ou mal ? »
Il apprend plutôt :
« Lorsque je fais ceci, qu’est-ce qui se produit ensuite ? »
C’est une différence fondamentale.
Le chien apprend par association
Le cerveau du chien crée constamment des associations entre les événements.
Il entend la laisse bouger et comprend qu’une promenade approche.
Vous prenez vos clés et il anticipe votre départ.
La sonnette retentit et il court vers la porte.
Il aperçoit un chien au bout de la rue et son niveau de tension augmente immédiatement.
Ces réactions ne sont pas apparues par hasard.
À force de répétitions, certains événements sont devenus des prédicteurs de ce qui va suivre.
Le chien apprend donc constamment, même lorsque nous ne sommes pas en train de l’entraîner.
Chaque interaction, chaque promenade, chaque visite et chaque réaction peut créer ou renforcer une association.
Les conséquences influencent les comportements
Un comportement qui produit régulièrement un résultat intéressant pour le chien risque d’être répété.
Prenons un exemple très simple.
Votre chien vient vers vous et vous donne un coup de patte.
Vous le caressez.
Quelques minutes plus tard, il recommence.
Il vient d’apprendre quelque chose : donner un coup de patte permet d’obtenir votre attention.
Même chose avec les aboiements.
Un chien aperçoit quelqu’un devant la maison et aboie. La personne continue son chemin et disparaît.
Du point de vue du chien, il peut apprendre :
« J’ai aboyé et la personne est partie. »
Il risque alors de reproduire ce comportement lors du prochain passage.
Cela ne signifie pas qu’il cherche à vous désobéir.
Il reproduit simplement une stratégie qui, de son point de vue, a fonctionné.
Le chien vit beaucoup dans l’instant présent
Nous pouvons réfléchir longtemps à ce qui s’est produit hier et anticiper ce qui arrivera dans plusieurs mois.
Le chien fonctionne davantage à partir de ce qui se passe maintenant et de ce que ses expériences précédentes lui ont appris à anticiper.
C’est pourquoi le moment où nous intervenons est extrêmement important.
Si vous découvrez un dégât plusieurs minutes ou plusieurs heures après qu’il a été fait, gronder le chien ne lui explique pas clairement ce que vous auriez voulu qu’il fasse.
Pour apprendre efficacement, le chien doit pouvoir établir un lien suffisamment clair entre son comportement et ce qui se produit autour de lui.
Les expériences construisent ses attentes
Un chien ne naît pas en sachant comment fonctionner dans notre monde.
Il apprend.
Une voiture, un aspirateur, un enfant qui court, une sonnette, un ascenseur, un vélo ou un autre chien peuvent prendre différentes significations selon ses expériences.
Un chien qui a vécu plusieurs expériences agréables avec des inconnus pourra généralement les percevoir différemment d’un chien qui a été effrayé ou brusqué.
Avec le temps, le cerveau développe des attentes.
Il anticipe ce qui pourrait arriver.
Cette anticipation peut être positive, neutre ou négative.
C’est pourquoi deux chiens placés exactement dans la même situation peuvent réagir complètement différemment.
Ils ne possèdent ni la même histoire, ni les mêmes associations, ni les mêmes émotions.
Les émotions influencent les décisions
Le chien ne prend pas ses décisions indépendamment de son état émotionnel.
Un chien détendu peut observer un événement, traiter l’information et choisir de ne pas réagir.
Le même chien, fatigué, stressé ou inquiet, peut réagir complètement différemment quelques heures plus tard.
La peur peut provoquer la fuite.
La frustration peut provoquer des aboiements ou des tirages.
L’excitation peut provoquer des sauts ou des mordillements.
L’inconfort peut provoquer un grognement.
Cela signifie qu’avant de demander :
« Comment arrêter ce comportement ? »
Il faut souvent commencer par demander :
« Qu’est-ce que mon chien ressent au moment où ce comportement apparaît ? »
Le chien ne généralise pas toujours comme nous
Un autre élément important est la généralisation.
Un chien qui a appris à s’asseoir parfaitement dans votre cuisine ne comprend pas nécessairement immédiatement qu’il doit faire exactement la même chose dans un parc rempli de chiens.
Pour nous, « assis » reste « assis ».
Pour le chien, le contexte a changé.
Les odeurs sont différentes.
Les bruits sont différents.
Son niveau d’excitation est différent.
Les distractions sont différentes.
C’est pourquoi un comportement doit être pratiqué progressivement dans différents environnements avant de devenir réellement solide.
Ce que nous interprétons parfois comme de la désobéissance est simplement un apprentissage qui n’a pas encore été suffisamment généralisé.
Attention à l’anthropomorphisme
L’anthropomorphisme consiste à attribuer au chien des intentions ou des raisonnements humains.
Nous le faisons tous naturellement.
Le problème apparaît lorsque cette interprétation influence notre façon d’intervenir.
Si vous pensez que votre chien se venge, vous risquez de le punir.
Si vous comprenez plutôt qu’il peut être anxieux, frustré, insuffisamment préparé à rester seul ou qu’un comportement a simplement été renforcé, votre intervention sera complètement différente.
Il ne s’agit pas de dire que le chien ne possède pas d’émotions.
Au contraire.
Il ressent notamment la peur, la joie, l’excitation, la frustration et l’inconfort.
Mais nous devons éviter d’inventer une intention complexe simplement parce qu’elle expliquerait facilement son comportement à nos yeux.
Observer avant d’interpréter
Lorsque votre chien adopte un comportement qui vous dérange, prenez l’habitude de vous poser quelques questions.
Que s’est-il passé juste avant ?
Qu’est-ce que mon chien regardait ?
À quelle distance se trouvait le déclencheur ?
Comment était son corps ?
Que s’est-il passé immédiatement après son comportement ?
Est-ce que cette conséquence pourrait l’encourager à recommencer ?
Quelle émotion pourrait expliquer sa réaction ?
Ces questions permettent de passer du jugement à l’observation.
Au lieu de penser :
« Mon chien est difficile. »
Vous commencez à penser :
« Pourquoi ce comportement apparaît-il dans cette situation ? »
Et c’est à partir de cette question que nous pouvons réellement commencer à comprendre le chien.
À retenir
- Le chien ne raisonne pas exactement comme un humain.
- Il apprend beaucoup par association et par les conséquences de ses comportements.
- Il apprend constamment, même en dehors des séances d’entraînement.
- Ses expériences passées influencent ce qu’il anticipe.
- Ses émotions modifient sa façon de réagir.
- Un comportement appris dans un environnement n’est pas automatiquement acquis partout.
- Il faut éviter d’attribuer trop rapidement des intentions humaines au chien.
- Avant de corriger un comportement, cherchez ce qui s’est produit avant, ce que le chien ressent et ce qu’il obtient ensuite.
Conseil Cyno Canin
Lorsque votre chien fait quelque chose que vous ne comprenez pas, ne commencez pas par vous demander comment l’arrêter.
Demandez-vous d’abord pourquoi, de son point de vue, ce comportement a du sens.
Lorsqu’on commence à regarder une situation avec les yeux du chien plutôt qu’avec notre logique humaine, beaucoup de comportements deviennent soudainement beaucoup plus faciles à comprendre.